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|  Quelques mots pour vous dire… | Si je devais me présenter, je commencerais alors par une couleur, une couleur que je vénère littéralement ! Elle anime, affole mes pinceaux et mon âme tout entière depuis toujours : le Rouge. Non pas ce petit rouge vermillon, le gentil de la palette ! Non. Plutôt ce rouge puissant, et fougueux, déferlant avec son grand R, celui qui est fait de sang et qui colore la chair de nos émotions. Ce rouge carmin sonnant et trébuchant qui, en séchant, flirte insolemment avec les profondeurs du Noir… Si j'étais une couleur, je serais donc celle-ci ! Mon fil… Rouge : Ma démarche picturale débute assez tôt par une envie tenace - devenue un désir prégnant - d'exalter la matière et sa couleur… et la matière de la couleur. Enfin, mues par la dynamique de l'introspection, les couleurs, essentiellement chaudes, se côtoient, bouillonnent, s'articulent ou fusionnent entre elles, laissant ainsi jaillir (non sans quelque violence parfois) des phénomènes sur ma toile. Une fois que tout a surgi sans aucun ordre ni sérénité, je m'emploie à trier, sélectionner, " re " voir cette effervescence et la dompter… un peu. La toile ainsi parée se dévoile à son lecteur après maturation. Temps plus ou moins élastique selon mon état… et un jour, c'est terminé, le travail me semble avoir abouti. Dans ce cas, la peinture matière attend ses premiers visiteurs… Deux pans dans ma démarche plastique sont perceptibles et s'interpellent : la tendance Kitsch, d'un côté et l'Eveil Onirique, de l'autre. Côté technique : J'utilise principalement l'acrylique, néanmoins, l'empirisme m'emmène vers des mélanges singuliers, improbables enchevêtrements entre matériaux et techniques mixtes. En réalité, j'entrevois la peinture comme une alchimie où les divers ingrédients s'impliquent et s'appliquent scrupuleusement à dessiner une autre réalité à cette peinture matière… Je tente des textures, des effets de matières auxquels la lumière est censée s'accrocher et sublimer l'ensemble… Le mot ou le fin mot de l'histoire : Les titres donnés à mes diverses productions plastiques représentent aussi un moyen d'orienter délicatement le lecteur de la toile sans le contraindre pour autant. La lisibilité de l'abstraction passe par la tranquillité et par l'énergie de l'imaginaire commun et personnel. J'aime les décalages et autres jeux de mots, ils alimentent volontairement mon besoin de second degré. Je me voudrais écri-veine des ressentis et des incartades de l'Âme en tentant de matérialiser le sentir, le vivre et ses failles, la matière vivante et aimante de nos pensées polymorphes. Je cherche à écrire mes événements, à rendre un instantané de la vie intérieure, un cliché. Puis, au gré des jours et de leurs aléas, oser poser (pauser) le temps, le temps d'un échange avec l'Autre, le visiteur. Le partage est l'aboutissement, l'ultime étape de mon cheminement pictural/émotionnel. La peinture est comme la vie (c'est la vie), elle se nourrit d'interactions, de frissons et d'émerveillements, de turpitudes et de désarrois… Je terminerai par cette ravissante sentence (que j'adore !) du philosophe Martin Buber qui résume si bien mon intime conviction et par là même mon cheminement pictural/émotionnel : " Toute vie véritable est rencontre. " |
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